Violaine Richard
Pochette du podcast La Part Cachée
Épisode 7 4 novembre 2026 · 20 min

Tu anticipes tous les risques… et ça te coûte cher

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L'épisode

Anticiper ce qui pourrait mal tourner, tu sais très bien le faire. Mais est-ce que tu as déjà regardé ce que ce réflexe te fait rater ?

L'autre soir, à un dîner entre entrepreneuses, on parlait d'intelligence artificielle. Et très vite, la table s'est coupée en deux : d'un côté, celles qui voyaient surtout les menaces pour leur activité. De l'autre, celles qui y voyaient des opportunités. Pourtant, on parlait toutes de la même chose.

Ce réflexe de voir d'abord le danger, je le connais bien : pendant longtemps, c'était le mien.

Dans cet épisode de La Part Cachée, je t'explique pourquoi notre cerveau repère les menaces avant les opportunités, ce qui se passe quand on s'arrête à ce premier réflexe, et comment l'entraîner, petit à petit, à continuer de chercher.

Je suis Violaine Richard et je mets en lumière les angles morts des entrepreneurs : ces choses que l'on ne voit pas toujours chez soi et qui peuvent pourtant avoir un impact profond sur notre manière d'entreprendre, de nous comporter et d'interagir avec les autres.

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Imagine, ton plus gros client t'annonce qu'il est réduit sans budget. Un nouvel outil débarque dans ton métier et remet en cause ta manière de travailler depuis des années. Ou encore, un concurrent arrive sur ton marché avec des prix deux fois plus faibles que les tiens. Et là, il est fort probable que tu sentes le stress monter et une vraie sensation de danger qui grandit à l'intérieur de toi. Et là, tu imagines déjà la suite. Ton chiffre d'affaires qui baisse, tes clients qui partent et globalement toute ton activité qui devient beaucoup plus compliquée. Et si t'es une personne normalement constituée, il y a de fortes chances que tu demandes mais comment je vais faire pour me sortir de cette galère. Et cette réaction, elle est tout à fait normale. Parce que quand une menace arrive, on voit très vite ce qu'on risque de perdre. Mais on voit souvent nettement moins facilement ce qu'on pourrait en faire. Le problème, c'est quand tu restes coincé dans cette première réaction. Parce que tu peux vite t'enfermer dans quelque chose qui va coûter hyper cher à ton business.

Alors face à une menace, on a très souvent une réaction du style c'est la merde, tous aux abris. Ou encore, de manière plus défaitiste, de toute façon, on n'y peut rien, c'est comme ça. Et dans les deux cas, il se passe un truc hyper concret, on arrête tout simplement de chercher. On arrête de chercher ce qu'on peut faire différemment ou même ce que cette nouvelle situation pourrait rendre possible. L'autre soir je participais à un dîner entre entrepreneurs et on parlait d'intelligence artificielle et très vite je me suis rendu compte que la salle était clairement coupée en deux entre celles qui voyaient plutôt les risques liés à l'arrivée de l'intelligence artificielle de manière massive dans nos métiers et de l'autre côté celles qui voyaient au contraire les opportunités. Il y avait notamment une photographe qui reconnaissait que l'intelligence artificielle avait eu un impact en termes de gain de temps sur son activité notamment quand il s'agit de retoucher ses ses photos.

Mais de manière générale, elle voyait surtout le risque pour son activité puisque juste cette année, elle a déjà perdu 30% de son chiffre d'affaires par rapport aux années précédentes. Et elle expliquait qu'il y avait majoritairement deux raisons. La première, c'est que toutes les photos qu'elle proposait d'acheter et qui étaient présentées sur son site internet avec un filigrane, elle avait tendance à se les faire voler par des personnes qui demandaient à l'intelligence artificielle d'enlever le filigrane. Et l'autre raison, c'est que ses clients qui auparavant faisaient appel à elle pour un rendu professionnel, ont de plus en plus le réflexe d'utiliser un simple smartphone et de faire retoucher la photo par l'intelligence artificielle pour avoir le rendu professionnel dont ils ont besoin. Donc clairement, son risque lié à l'arrivée de l'intelligence artificielle, il est réel et je ne vais pas le minimiser. Mais ce qui m'a intéressée dans sa réaction, c'est qu'elle avait tendance à rester coincée sur le risque et à ne pas réussir à réfléchir à comment est-ce que je peux transformer ça en opportunité pour moi et pour mon business.

Moi, ce qui m'intéresse, c'est qu'est-ce qui se passe juste après avoir ressenti cette sensation de danger ? Est-ce qu'on se met à chercher à comment on pourrait s'adapter à cette menace pour potentiellement en faire une opportunité ? Ou est-ce que juste on se résigne, on se dit « c'est comme ça, j'y peux rien, tant pis ». Parce que moi, la première, pendant longtemps, quand je voyais le danger, j'avais tendance à m'arrêter là. Et avec un peu d'entraînement, j'ai appris à faire autre chose. J'ai appris à continuer à chercher, même quand le scénario qui se présente est a priori loin d'être réjouissant. Avant d'aller plus loin, laisse-moi me présenter. Je m'appelle Violaine Richard et mon job, c'est d'aider les entrepreneurs à identifier leurs angles morts, ces angles morts qui leur coûtent cher en temps, en énergie et en liberté dans leur business. Et la manière dont je m'y prends, c'est que je vais les aider à identifier ce qui se joue réellement derrière leur blocage professionnel et parfois personnel. Dans cet épisode, l'angle mort que je te propose d'explorer, c'est celui-ci.

Quand tu regardes d'abord le danger, tu crois que tu es en train de te protéger. Alors qu'en fait, tu te coupes de la possibilité de voir les opportunités. Tout simplement parce que ton cerveau arrête de les chercher. Et clairement, si tu vois le danger en premier, c'est absolument pas un défaut de caractère. Les psychologues, ils ont un nom pour ça, ça s'appelle le biais de négativité. En 2001, des chercheurs ont fait une synthèse de 100 d'études sur le sujet et ils ont démontré que les expériences négatives ont un impact beaucoup plus puissant sur nous que les expériences positives par exemple si tu perds un billet de 100 euros il y a de fortes chances que ça t'impacte beaucoup plus que si tu trouves un billet de 100 euros et l'explication la plus probable même si elle n'a jamais pu être prouvée elle serait liée à notre instinct de survie parce que pour nos ancêtres rater un danger c'était clairement synonyme de mort alors peut-être que tu es en train de te dire oui mais moi je suis pas du tout pessimiste je suis réaliste et je suis d'accord avec toi avoir les risques et les menaces quand on entreprend, c'est indispensable.

Mais j'ai envie de te poser une question. Est-ce que tu regardes vraiment toute la réalité ou est-ce que tu regardes tellement vite ce qui pourrait mal tourner que tu ne prends même plus le temps de regarder ce qui pourrait fonctionner ? Il y a un psychologue américain qui a beaucoup étudié ce mécanisme, il s'appelle Martin Seligman et c'est l'un des fondateurs de la psychologie positive. Et il est notamment connu pour tous ses travaux sur ce qu'on appelle l'impuissance apprise. L'idée c'est que quand on traverse des situations dans lesquelles nos actions semblent ne rien changer, on peut finir par intégrer qu'on n'a aucun contrôle sur les événements. Et même lorsque la situation évolue, on risque de ne plus essayer. On ne cherche même plus à vérifier s'il existe une marge de manœuvre. Il y a une image qui est très connue pour illustrer ça, c'est l'histoire d'un éléphant de cirque qui a attaché un tout petit piquet qui pourrait arracher d'un coup de patte hyper facilement.

Sauf que déjà quand il était petit, il a été attaché à ce même piquet et quand il était plus petit, il n'avait pas la force nécessaire pour s'en dégager. Il a tiré, tiré, tiré sur ses cordes et sur ses chaînes sans jamais réussir à se libérer. Alors un jour, il a arrêté d'essayer. Et une fois devenu adulte, il est devenu énorme et il n'essaye même plus de tirer sur la chaîne. Pas parce qu'il ne peut pas, mais parce qu'il a appris qu'il ne pouvait pas. Et c'est là que ça devient intéressant pour nous, entrepreneurs. Imagine, tu lances une nouvelle offre. Tu l'as travaillée, tu as mis tout ton cœur, tu l'as raffinée, tu as vraiment créé le produit parfait selon toi. Tu le lances et ça fait un énorme bide sur le marché. Alors tu peux regarder ce résultat et te dire, le marché est saturé, les gens n'achètent plus c'est la conjoncture, on n'y peut rien. Alors, ton offre qui a fait un bide, c'est un fait.

En revanche, te dire qu'on n'y peut rien, ça c'est une conclusion. Et entre les deux, il y a tout un espace qu'on peut encore explorer. Par exemple, qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ? Qu'est-ce qui pourrait être différent pour que ça fonctionne ? Qu'est-ce que je peux tenter de nouveau maintenant ? Alors attention, je ne suis pas en train de te dire que tu peux tout contrôler, loin de là. Je dis simplement qu'il y a une vraie différence entre reconnaître ce qu'on ne contrôle pas et renoncer à chercher ce qui reste à notre portée. Si je reviens au dîner entre entrepreneuses, la photographe dont je parlais nous a clairement dit qu'elle avait été conditionnée depuis l'enfance à voir les risques et que du coup, elle avait du mal à voir les opportunités. Mais elle en parlait comme si c'était quelque chose de définitif sur lequel elle ne pouvait plus agir. Comme si, d'une certaine manière, elle était victime de son éducation. Ce que tu dois retenir, c'est que ce n'est pas parce que quelque chose vient de ton éducation, d'un conditionnement quelconque, que tu es obligé de le laisser décider de la suite pour toi.

Laisse-moi donner un exemple. Il y a une quinzaine d'années, j'ai acheté mon premier appartement, un 45 m² que j'achetais avec les combles de l'immeuble. pour lequel j'avais le projet de créer un duplex. Et clairement l'appartement était complètement dans son jus donc je savais que j'allais devoir tout retaper. J'ai fait absolument toutes les démarches pour acheter l'appartement et c'est quelques temps après avoir acheté que je me suis rendu compte que j'avais pris une décision sans avoir vraiment mesuré l'ensemble des risques du projet. Et puis quelques mois plus tard, une fois que les travaux avaient été réalisés, régulièrement quand je dormais dans ma chambre sous les combles, il y avait un endroit précis dans la rue où si une voiture passait par pile poil à cet endroit-là. Ça faisait vibrer l'immeuble et je ressentais les vibrations dans le parquet de ma chambre. Alors pas une vibration monstrueuse, mais en tout cas une vibration suffisamment perceptible pour qu'à chaque fois que je la ressente, je me dise, oh là là, mon appartement va s'effondrer, l'immeuble va s'écrouler.

J'ai fait une énorme connerie. Si ça se trouve, les assurances ne vont pas me suivre, personne ne remboursera et je vais être ruinée à vie. Voilà le scénario catastrophe que j'avais grosso modo en tête à cette époque-là. Bon, bien évidemment, spoiler, plus de 15 plus tard, l'immeuble est toujours debout et il n'y a aucun sujet. Alors pourquoi je te parle de cette histoire ? Tout simplement parce que cette première expérience d'achat d'appartement avec travaux aurait pu m'amener à me dire non mais les travaux c'est fini, plus jamais, c'est trop risqué, trop de stress, trop d'angoisse et j'ai plus envie de jamais vivre ça. Et je pense que cette expérience a vraiment été à l'origine d'un switch de mon cerveau où j'ai arrêté de regarder seulement le danger et le risque et me concentrer sur comment est-ce que je transforme ça en opportunité. Quelques années plus tard, mon futur mari m'a proposé de remplacer notre voyage de noces de trois semaines au Costa Rica par un tour du monde d'un an.

Et très franchement, ma première réaction, ça a été une boule de stress où je me suis dit, mais comment on va faire ça ? Mais n'importe quoi. C'est hors de question. Et puis très rapidement, je me suis arrêtée, j'ai respiré un grand coup et je me suis dit, ok, concrètement, en réfléchissant, qu'est-ce qui m'empêche de le faire ? Et si j'avais envie de le faire, de quelle manière je m'y prendrais pour que ce soit possible ? À ce moment-là, j'ai absolument pas supprimé les contraintes, elles étaient toujours là. J'ai simplement commencé à chercher les possibles plutôt que de me concentrer uniquement sur les raisons de ne pas y aller et en fait j'ai rapidement trouvé puisque à ce moment là on travaillait dans des villes différentes ce qui fait que j'avais la possibilité de demander une démission poursuite conjoint ce qui m'ouvrait mes droits au chômage j'avais la possibilité derrière de geler mes droits au chômage pendant toute la durée du voyage et me permettre au bout d'un an de voyage de réouvrir mes droits au chômage et de lancer tranquillement mon activité entrepreneuriale qui était un rêve qui me tournait en tête depuis des années et finalement de cette idée qui paraissait complètement dingue est arrivé une réelle opportunité de monter ma première activité et bien évidemment de faire un voyage absolument génial qui a transformé notre manière de voir notre vie au quotidien et de voir notre couple si tu te retrouves dans ce genre de situation faut vraiment que tu fasses attention aux questions que tu te poses parce que quand tu te demandes mais comment est-ce qu'on va faire t'as l'impression de te poser une question mais en réalité ça attend pas vraiment de réponse très souvent ça veut dire non mais on va jamais y arriver et c'est déjà une conclusion déguisé en question.

Et malheureusement, après une conclusion, on ne cherche plus. La vraie question à se poser dans ce cas de figure, c'est qu'est-ce qui nous permettrait de rendre ça possible ? Parce que cette question, elle part du principe qu'une réponse peut exister. Et après une vraie question, on se met vraiment à chercher. Alors bien évidemment, si se poser une simple question permettait de tout changer, ce serait trop facile. Le réflexe de voir le danger en premier, il est tellement ancré dans notre instinct de survie que bien évidemment, il va revenir encore et encore. Mais il est tout à fait possible de ne pas s'arrêter à cette première réaction, tout simplement en entraînant son cerveau un petit peu chaque jour ou en tout cas à chaque fois que ces situations de danger se présente pour ne plus rester dans cette résignation et au contraire trouver les moyens d'aller de l'avant avec mon mari on a une sorte de gymnastique d'entraînement sur ce truc là qu'on ne fait clairement pas tout le temps mais régulièrement la conversation revient sur ce terrain parce que on trouve ça fun c'est un vrai jeu et en même temps pas tant que ça régulièrement on se pose cette question si demain la situation situation économique, politique ou militaire devient catastrophique et que ça a un impact direct sur nos business, qu'on n'est absolument plus en capacité de vivre grâce à nos business.

Et je parle pas juste de notre business traverse une mauvaise période, on serre les dents, on vit sur notre trésorerie quelques temps et go. Non, je parle vraiment d'un truc suffisamment merdique pour que nos clients n'aient plus besoin de nous ou plus les moyens de faire appel à nous. Si c'était le cas, qu'est-ce qu'on ferait ? Ce serait quoi nos possibilités pour rebondir ? C'est quoi les options qu'on pourrait explorer pour tout de même continuer à pouvoir avoir un toit au dessus de notre tête et avoir de quoi manger et je vais être honnête avec toi pour l'instant on n'a pas trouvé la réponse et c'est justement ça qui est intéressant parce que le but de l'exercice c'est pas de trouver une solution miracle à une catastrophe qui ne s'est jamais passée et qui n'arrivera peut-être jamais et c'est pas non plus de se rassurer en se disant juste c'est bon tout ira bien l'idée d'exercice c'est de ne jamais s'arrêter seulement au scénario catastrophe c'est de surtout pas rester sur le c'est la merde on est foutu ou encore de conclure c'est comme ça on n'y peut rien mais de de continuer avec une autre question et de se demander, ok, si c'est arrivé, comment est-ce qu'on rebondit ? Qu'est-ce qu'on pourrait faire ? Qu'est-ce qu'on pourrait proposer ? À qui ? Comment ? De quelle autre manière on pourrait créer de la valeur qui a un vrai impact et qui répond à un vrai besoin ? On ne cherche pas forcément la solution, on cherche juste des possibilités.

Parce que très souvent, si je me mets en tête que je dois trouver tout de suite la bonne réponse, j'ai tendance à me bloquer encore plus. On ne sait pas encore quelles seraient nos réponses, mais on s'entraîne à les chercher. Parce que concrètement, quand tu identifies une menace et que tu commences à réfléchir ok quelles seraient les opportunités pour contourner ça tu vas pas forcément trouver la réponse immédiatement en revanche tu orientes l'attention de ton cerveau vers la recherche de la réponse et donc tu ouvres tes chakras à la possibilité de trouver l'opportunité du coup ce que je te propose c'est de faire exactement le même entraînement prends ton activité et imagine le pire scénario possible vraiment le truc que tu préfères même pas y penser tellement ça te fait peur et imagine qu'il arrive vraiment ne cherche pas à te convaincre qu'il arrivera jamais demande toi plutôt au contraire si ça arrivait quelles sont les pistes pour moi pour pouvoir m'en sortir comment est ce que je pourrais rebondir qu'est ce que je pourrais faire autrement sur quelles ressources sur quelles compétences sur quelles relations je pourrais m'appuyer pour identifier de nouveaux besoins et créer de nouveaux points de départ et t'as pas besoin d'avoir la réponse tout de suite non plus on l'a pas l'objectif c'est juste de pas refermer la réflexion dès que tu arrives à quelque chose qui te fait peur mais de te servir de ça pour aller creuser et trouver de nouvelles possibilités et aussi Au quotidien, de manière beaucoup moins dramatique, tu peux faire quelques petites actions pour entraîner ton cerveau à moins se laisser embarquer par la négativité liée au danger.

Par exemple, tu peux commencer par t'entraîner sur des petites choses et notamment toutes ces petites phrases négatives qui te tournent en tête, très souvent ce qui sont des jugements sur toi-même. Bien évidemment, c'est assez éloigné du concept de danger, mais il va permettre de t'entraîner progressivement à remplacer cette négativité ambiante dans ton cerveau par des choses beaucoup plus positives. Moi, au quotidien, la manière dont je c'est que j'écoute la manière dont je me parle. Et au fil du temps, à force de m'entraîner, je me rends compte que mon discours interne a énormément changé. Et encore quelques années, je pouvais très facilement me dire t'es nulle, t'es grosse, t'es moche, bref, tout plein de choses. Je dis pas que je me le dis plus jamais, en tout cas je me le dis beaucoup moins souvent. Et il y a encore des fois des petites réminiscences qui reviennent. Comme par exemple, tu peux être à peu près sûr qu'à chaque fois que je vais faire cuire des pâtes, je vais oublier de mettre du sel. Et généralement, mon réflexe quand je me rends compte, c'est mais t'es vraiment conne, t'as encore oublié de mettre du sel.

Et il y a quelque temps, j'aurais laissé ça passer. Sauf que maintenant, je j'en prends conscience et je change tout de suite cette phrase dans mon cerveau et je remplace le « t'es conne, t'aurais dû y penser » par « mais t'es formidable, tu viens juste d'y penser ». Ça paraît tout bête, mais ce genre de petit exercice, de petit entraînement, tu vas voir qu'en très peu de temps, c'est tout ton schéma interne de pensée qui va se recalibrer. La deuxième chose que tu peux faire, c'est quand la peur prend toute la place. Tu sais, ces moments où t'as le stress qui monte tellement, t'as l'impression que tu te figes, que ta respiration devient beaucoup plus saccadée et que t'as cette boule qui te monte dans le ventre, ta l'impression que tu pourrais exploser. Parce que c'est bien joli de se dire intellectuellement, t'inquiète, c'est bon, on va trouver des solutions, alors que lui, ton corps, il est déjà en PLS. Dans ces moments-là, ma technique, c'est simplement déjà de m'arrêter, d'identifier ce qui se joue dans mon corps et à quel endroit, et surtout de remettre de la respiration.

Parce qu'il n'y a qu'une différence entre la peur et l'excitation, elle vient de la respiration. Quand tu sens que la peur t'amène à respirer de manière beaucoup plus saccadée, au contraire, prends de grandes inspirations et et expire, et tout de suite ça va mieux. Il y a une technique qui est très utile quand t'as vraiment besoin de t'apaiser, c'est d'aller prendre une grande inspiration, de retenir ta respiration pendant deux secondes, et d'expirer, et de faire ces inspirations, expirations plusieurs fois de suite, avec des inspirations les plus profondes possibles, toujours cette pause de deux secondes, et expirations la plus profonde possible encore une fois, et très rapidement ça permet d'apaiser le corps, et ensuite là ton mental peut prendre le relais, et aller chercher des solutions. Ressentir la peur ne te pas forcément quoi faire mais ça te dit qu'il est en train de se passer quelque chose à l'intérieur de toi et si tu sens que ton coeur s'accélère face à quelque chose de nouveau c'est pas forcément un signal que tu dois fuir ça peut aussi simplement être ton corps qui est en train de se mettre en mouvement et enfin un dernier point sur lequel tu peux t'entraîner c'est d'éviter de transformer quelque chose qui pourrait être une bonne nouvelle en un nouveau problème je te donne un exemple en ce moment on est en train de vendre notre appartement on a reçu plusieurs offres et à chaque fois qu'on avance sur une offre il y a une part de moi qui est hyper contente et et il y a une autre part de moi qui commence à faire des scénarios catastrophes, à se dire oui, mais si jamais ça ne va pas au bout, et qu'on leur dit oui à eux, mais qu'ils n'obtiennent pas leur financement, et que, et que, et que, et que.

Et là, moi, ce à quoi je m'entraîne, c'est de me dire stop. En fait, on a reçu une offre. Célébrons. C'est génial. On a eu une offre sur l'appartement. Et même mieux, on en a eu deux, puis trois. Génial. Célébrons ça. Si le prix n'est pas encore celui qu'on veut, on s'en fout. Commençons par célébrer qu'on a eu une offre. Le prix, on s'en occupera dans un second temps. En fait, l'idée, c'est que parfois, on est tellement concentré sur l'étape d'après qu'on en vient à se voler la joie d'une bonne nouvelle. Et le pire, c'est qu'on le fait en anticipant une mauvaise nouvelle qui n'existe pas encore. Donc célébrer, ça permet de rester dans le moment présent, de savourer cette bonne nouvelle, d'arrêter de se poser les questions de qu'est-ce qui viendra après. Et moi, personnellement, parfois, j'arrive pas à le faire toute seule. C'est mon mari qui arrive pour me dire, oulala, stop ! Concentre-toi là sur ce qui se passe maintenant, c'est génial. Et effectivement, elle a raison, puisque dès que je me reconcentre sur, ok, cette bonne nouvelle, je laisse la joie venir faire son travail ça balaie la peur et ça me permet de refonctionner normalement.

Tu te souviens de cet appartement sous comble dont je te parlais que j'ai acheté et dont j'avais l'impression qu'il allait s'effondrer sur l'ensemble de l'immeuble ? Et je t'ai dit qu'aujourd'hui je n'achète plus du tout de la même manière. A l'époque, j'achetais clairement par inconscience. Je n'avais aucune idée de où je mettais les pieds et je découvrais un peu tard l'ensemble des risques une fois que j'avais acheté. Et là, mon imagination faisait le reste. Aujourd'hui, je continue à acheter des appartements qui sont complètement dans leur jus et quand je le fais, je commence par regarder son potentiel, qu'est-ce qu'il pourrait devenir, de quelle manière je pourrais le transformer. Et ensuite, je fais exactement ce que je suis censée faire, à savoir que j'examine l'ensemble des travaux à réaliser, j'identifie les coûts, les contraintes et l'ensemble des risques potentiels. Du moins, tous ceux que je perçois. Et je prends ma décision en toute connaissance de cause. La différence, c'est pas que je prends moins de risques, c'est que je ne laisse plus les risques m'empêcher de voir ce qui est possible.

Et j'ai pas du tout appris à ne plus identifier le danger, j'ai appris à ne pas le laisser me guider dans mes décisions. Et comment je le fais ? Tout simplement en regardant la situation dans sa globalité. Et c'est aussi ce que je fais avec les entrepreneurs que j'accompagne. On ne s'arrête pas aux problèmes qu'ils voient, on cherche les pistes qu'ils n'ont pas encore envisagées. Alors si tu sens que ton business pourrait t'emmener beaucoup plus loin et que quelque chose t'empêche aujourd'hui de passer ce cap, alors écris-moi. On prend 30 minutes ensemble pour identifier ce qui te freine vraiment et les pistes qui pourraient te faire avancer. Tu trouveras un lien pour prendre rendez-vous dans la description de cet épisode. Pour terminer, je te propose de revenir à ce dîner entre entrepreneurs et à cette table coupée en deux avec les filles qui voyaient les risques liés à l'intelligence artificielle et celles qui voyaient les opportunités. Ce qui m'a marqué chez la photographe dont je te parlais, c'est pas qu'elle voit les risques, puisque ces risques, ils sont réels.

Parce que le problème, c'est pas de voir le danger. Le problème, c'est de considérer que le danger, il ferme toutes les possibilités. Parce qu'entre tous aux abris, on n'y peut rien, c'est comme ça, on ne pourra rien changer. Et le moment où on se demande comment est-ce que je pourrais faire pour créer de nouvelles possibilités, il y a un espace énorme. Un espace dans lequel on peut encore réfléchir, explorer, essayer. Chercher ne garantit pas qu'on va trouver. Mais c'est la seule chance de tirer son épingle du jeu face à une situation qui présente effectivement un danger pour son activité. Alors reprends le pire scénario pour ton activité auquel tu as pensé tout à l'heure et demande-toi si je ne pouvais pas continuer exactement comme aujourd'hui, qu'est-ce que je ferais ? De quelle manière je m'y prendrais ? C'est quoi les ressources sur lesquelles je pourrais m'appuyer ? Quels nouveaux besoins pourraient apparaître auxquels je pourrais répondre ? Qu'est-ce que je pourrais proposer, construire ou apprendre de nouveau ? Trouve trois pistes, même imparfaites, même totalement farfelues.

L'idée ce n'est pas de trouver, c'est de t'entraîner à chercher. Pas pour te raconter que tout va bien ou pour nier ce qui pourrait arriver ? mais pour ne plus décider à l'avance qu'il n'y a plus rien à faire. Parce que le risque face à une menace, il est réel, mais tu peux choisir de ne pas le laisser décider de la suite. Merci d'avoir écouté le podcast La part cachée. Si tu as aimé cet épisode, aide-moi à faire connaître le podcast. Et pour ça, tu as plusieurs manières de t'y prendre en fonction de l'endroit où tu m'écoutes. Selon les plateformes, tu peux liker, commenter, t'abonner bien évidemment. Et si tu connais quelqu'un qui pourrait avoir besoin d'entendre le contenu de cet épisode, eh bien partage-lui l'épisode, ça m'aidera énormément. Et je te dis à très bientôt !

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Qui je suis

Je m’appelle Violaine Richard et j’aide les entrepreneurs avancés à débloquer ce qui les empêche encore de prendre pleinement leur place dans leur entreprise.

Parce qu’on peut savoir exactement quoi faire… et pourtant ne pas réussir à passer à l’action.

Rester dans une mission qui nous emmerde. Repousser une décision qu’on sait pourtant nécessaire. Ne pas oser prendre le rôle qu’on voudrait vraiment avoir dans son entreprise. Tourner autour du même problème sans comprendre pourquoi on n’arrive pas à en sortir.

Quand la stratégie est claire mais que quelque chose bloque, c’est souvent qu’un mécanisme invisible se joue sous la surface.

C’est là que j’interviens.

J’ai accompagné plus de 150 entrepreneurs et, avant cela, créé puis vendu une agence d’architecture d’intérieur.

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